Construire une aventure plutôt que courir une course
Originaire du Québec, j'ai posé mes valises en Belgique en 2017. C’est là que j'ai découvert la course en sentier, son univers et que j'ai fait mes premiers pas avec le trail en itinérance.
La pratique de la course à pied a presque toujours été, pour moi, un simple complément à d’autres sports. Le seul moment où elle devenait une discipline à part entière, c'était lors de la préparation des examens de fin d'année en éducation physique.
À ce moment-là, je courais avec un objectif simple : obtenir une bonne note!
Je me souviens encore avoir demandé à mes parents de faire le trajet en voiture pour mesurer les distances de mes parcours, afin de pouvoir calculer ma vitesse moyenne.
C’était une autre époque pour les montres de sport… et pour le GPS.
Du chronomètre au GPS : parcours d'une non-initiée

Après cette période, j’ai continué à faire du vélo, de la randonnée et des sports collectifs, mais la course à pied n’était toujours pas un sport à part entière.
De temps en temps, je partais courir autour de chez moi, et atteindre 5 kilomètres me semblait déjà être une vraie réussite.
Mais ce qui m’animait le plus était ailleurs.
C'étaient surtout les escapades à vélo que j'adorais.
Les micro-aventures à vélo

En 2008, je me suis lancée le défi de rallier Sherbrooke à Tadoussac en autonomie complète.
Une micro-aventure de 7 jours qui allait crescendo, des plaines du centre du Québec aux massifs de la région de Charlevoix.
Cette même année, j’ai eu la chance de participer à une traversée de l’Atlantique à la voile pour le 400e anniversaire de la ville de Québec.
Débarquer à La Rochelle après des semaines en mer, pour la cégepienne en histoire que j'étais, c'était un rêve éveillé !
L’été suivant, j’ai remis ça.
Cette fois à vélo en France. Paris, Dijon, Lyon, Avignon, Nîmes, puis la descente vers Bordeaux en suivant le canal des Deux Mers.
J’ai terminé ce voyage en vendant mon vélo. J'ai pris l’avion. Je suis rentrée à Montréal commencer mes études universitaires en économie.
Retour au vélo… puis transition vers la course

Je n’ai plus roulé pendant plusieurs années. Jusqu’au jour où mon oncle m’a donné son vélo hybride.
Avec lui est revenu le plaisir de me déplacer autrement. De partir à la découverte de l'île des journées entières.
Puis Strava est arrivé. J’aimais enregistrer mes trajets, même si la batterie de mon téléphone ne suivait pas.
C’est comme ça que j’ai fini, à la fin d'un été, avec une Garmin Forerunner 630. Un super modèle acheté avec des bons cadeaux qui allaient expirés.
Elle enregistrait mes sorties et les envoyait sur Strava.
Pendant longtemps, ce fut sa seule fonction.
L’arrivée en Belgique… et le premier contact avec le trail

En 2017, j’ai quitté Montréal pour m’installer à Bruxelles.
Une fois mes valises posées, j'ai repris mon vélo pour apprivoiser mon nouveau cadre de vie.
L'année suivante, je me suis inscrite un peu par hasard à un trail de 10 km.
Je ne connaissais absolument rien à cette discipline. J 'ai adoré courir dans les sentiers du Pays des Collines… et célébrer l'arrivée avec une Quintine !
La course à pied comme terrain de jeu

Le véritable tournant est arrivé avec le premier confinement en 2020.
Mon vélo ne me servait plus, et je passais mes journées scotchée au bureau à rédiger mon mémoire.
Le soir, j’avais besoin de sortir, de respirer, de me vider la tête.
C’est comme ça que je suis tombée sur un programme de 5 km. Simple, structuré, accessible. Et surtout accompagné de conseils techniques.
C’est là que ma Forerunner 630, sous-exploitée depuis des années, a révélé tout son potentiel.
Intriguée par les statistiques de performance et les graphiques, j'ai commencé à creuser la théorie derrière ces chiffres.
Découvrir le trail, comprendre la course

Une fois le mémoire terminé, j’avais plus de temps pour approfondir mes connaissances. Lectures, podcasts et compétitions.
Petit à petit, j’ai découvert un univers que je ne connaissais pas : celui du trail running.
Ce n’était plus juste courir.
C’était une manière de lire un territoire, d’explorer autrement, de relier effort et environnement.
Au fil des courses, je découvrais les paysages et les villages belges.
Et quand je rentre au Québec, c’est aussi baskets aux pieds que je redécouvre le calme des sentiers de mon enfance.
Du trail au trail en itinérance
Bien que je me passionne aujourd’hui pour cette discipline, ce n’est pas la performance pure qui me fait vibrer.
Bien sûr, progresser fait plaisir.
Mais ce qui m’attire avant tout, c’est le temps passé dehors, la simplicité du mouvement et la manière dont la course permet de découvrir un territoire autrement.
Au fil des trails auxquels j’ai participé en Belgique et au Québec, quelque chose a commencé à évoluer.
Le simple défi physique ne me suffisait plus.
J’avais envie de redonner du sens à mes courses. De les relier à une histoire, à une région, à une traversée.
Je ne voulais plus seulement prendre le départ d’un événement.
Je voulais construire ma propre aventure.
Retrouver dans la course cette dimension d’autonomie, d’exploration et de progression qui m’animait déjà lors de mes voyages à vélo.
C’est ainsi que le trail m’a progressivement menée vers le trail en itinérance.
Carnets de course

En découvrant le trail, j’ai commencé à lire énormément.
Des récits de courses, des livres sur l’entraînement, des réflexions sur l’effort, la physiologie, l’aventure et l’autonomie.
Mais ce qui m’intéressait le plus n’était pas uniquement la performance ou les exploits.
C’était de comprendre.
Comprendre comment le corps réagit à l’effort.
Comprendre comment on construit un projet de plusieurs jours. Comprendre comment on s’organise, comment on s’adapte et comment on progresse.
J’ai toujours aimé passer de la théorie à la pratique. Tester des approches. Observer ce qui fonctionne. Ajuster.

C’est probablement pour cela que le trail en itinérance m’attire autant.
Aujourd’hui, le trail en itinérance est devenu pour moi une manière de ralentir, d’explorer et de construire des projets autrement.
Pas uniquement pour accumuler des kilomètres.
Mais pour apprendre à mieux préparer, mieux comprendre et vivre les sentiers de manière plus autonome.
Carnets de Course est né quelque part dans cette réflexion.
Une manière de transformer chaque projet en terrain d’exploration, autant sur les sentiers que dans la manière de les préparer.